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Les nouveaux feux de détresse en F1 font débat : innovation ou distraction ?

Les nouveaux feux de détresse en F1 font débat : innovation ou distraction ?

par Simone Scanu

4 min de lecture

La saison 2026 de Formule 1 a introduit une nouveauté que peu imaginaient voir devenir polémique : des feux de détresse intégrés aux rétroviseurs de la nouvelle génération de monoplaces. Si la FIA a défendu cet ajout comme une mesure de sécurité essentielle, le consultant Sky Sports F1 Ted Kravitz s’est imposé comme l’un des critiques les plus virulents de cette innovation, qualifiant le dispositif de « dérangeant » lors de la couverture du shakedown de Barcelone.

Ces feux jaunes clignotants jouent le rôle d’indicateurs de danger, à l’image de ceux des voitures de route, en signalant aux autres pilotes qu’un véhicule évolue avec des performances réduites. Mais le débat autour de cette mesure de sécurité en apparence simple révèle des tensions plus profondes en sport automobile, entre progrès technologique et considérations esthétiques et pratiques propres à la discipline.

Pourquoi la FIA a introduit des feux de détresse

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L’origine de ce système de feux de détresse répond à une préoccupation de sécurité bien réelle. Sous la pluie — des conditions notoirement difficiles en Formule 1 — les feux arrière de pluie traditionnels, efficaces pour les voitures qui suivent directement un concurrent, n’offrent pas une visibilité suffisante lorsqu’une monoplace part en tête-à-queue ou revient en piste de travers. Comme l’a expliqué Bernie Collins lors de la couverture Sky Sports des essais de Barcelone : « Avant, on avait ce gros feu de pluie à l’arrière de la voiture. C’est très bien si vous êtes juste derrière la voiture devant, mais, comme on le voit si souvent sous la pluie, si une voiture part en tête-à-queue ou revient sur la piste, soit dans le bon sens soit de travers, il n’y a de lumière dans aucun de ces cas. »

Le directeur des monoplaces à la FIA, Nikolas Tombazis, a souligné la logique sécuritaire : « Si une voiture est en tête-à-queue et se retrouve en position latérale face au trafic, ces feux aideront la voiture qui arrive à voir la voiture en rotation et, évidemment, à l’éviter, espérons-le. » Cette capacité comble une lacune importante dans les protocoles de sécurité existants, en particulier lorsque la visibilité est dégradée.

Au-delà de la sécurité des pilotes, ces feux de détresse remplissent aussi une fonction liée à la technologie hybride. Le système d’indication communique clairement quand l’ERS (Energy Recovery System) d’une voiture reste actif, protégeant les commissaires et le personnel médical des risques électriques lorsqu’ils interviennent sur des véhicules immobilisés. Il s’agit d’une avancée significative dans les procédures entourant les groupes propulseurs modernes.

La critique de Kravitz : esthétique contre sécurité

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Malgré les bénéfices en matière de sécurité, les objections de Kravitz mettent en lumière la tension persistante entre fonctionnalité et rendu visuel en Formule 1. Le consultant s’est dit préoccupé par le fait que ces feux de détresse créent une distraction visuelle indésirable, surtout s’ils sont visibles sous plusieurs angles et pas uniquement de côté. « Je ne supporte pas les feux de détresse sur les voitures de F1 », a lâché Kravitz sans détour, ajoutant qu’une visibilité de face rendrait le dispositif « dérangeant » plutôt que simplement déroutant.

Cette critique ne balaie pas la sécurité d’un revers de main ; elle traduit plutôt une inquiétude légitime : la mise en œuvre atteint-elle son objectif sans introduire de nouvelles complications visuelles en course ? Reste à savoir si ces feux seront aussi intrusifs que Kravitz l’anticipe en conditions réelles de compétition, notamment sur le sec, lorsque la visibilité n’est pas un problème.

Le shakedown de Barcelone : premières impressions

La controverse a émergé lors de la couverture Sky Sports du shakedown de Barcelone — première occasion pour les équipes de tester leurs machines 2026, sans accès presse ni limitation de tours. Ces shakedowns servent de contrôles de santé cruciaux avant la saison, permettant aux ingénieurs d’évaluer en profondeur les nouvelles solutions de conception avant le début des essais officiels.

Les premières images de l’essai de Barcelone, notamment celles de l’accident de Isack Hadjar au volant de la Red Bull, ont montré les feux de détresse en action, offrant un contexte concret sur le fonctionnement du système.

Et maintenant ?

Au fil de la saison 2026, l’utilité pratique des feux de détresse deviendra plus évidente. Si les objections esthétiques de Kravitz trouvent un écho chez certains passionnés, la priorité donnée par la FIA à la sécurité — en particulier sur la sensibilisation au risque électrique et la visibilité sous la pluie — s’inscrit dans une évolution mesurée des standards de sécurité en Formule 1. Reste à voir si cette nouveauté se révélera aussi distrayante que prévu ou si elle deviendra un élément accepté de l’environnement moderne de la course lorsque le championnat commencera véritablement.

Simone Scanu

Simone Scanu

Il est ingénieur logiciel et passionné de Formule 1 et de sport automobile. Il a cofondé Formula Live Pulse afin de rendre les données télémétriques en direct et les informations sur les courses accessibles, visuelles et faciles à suivre.

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