
Chargement

Le paysage de la Formule 1 a basculé de façon spectaculaire dès les premières heures de la saison 2026. Toto Wolff, patron de Mercedes, a publiquement concédé que Red Bull dispose d’un avantage décisif en matière de déploiement d’énergie, ce qui se traduit par un écart de performance important en ligne droite — un scénario que même l’évaluation la plus optimiste chez Mercedes n’aurait pas imaginé il y a encore quelques jours.
Lors de la matinée d’ouverture des essais à Bahreïn, le mercredi 11 février, l’analyse de Wolff sur la hiérarchie a connu un véritable séisme. Ce qui ressemblait à un avantage Mercedes après le roulage de Barcelone a été remplacé par une réalité inconfortable : la RB22 de Red Bull fonctionne à un niveau d’efficacité que les rivaux ne parviennent pas, pour l’instant, à égaler.
Le cœur du problème concerne les capacités de déploiement d’énergie, pierre angulaire du règlement technique 2026. Avec une puissance électrique représentant désormais environ 50 % de la puissance totale du groupe propulseur, la capacité à gérer et à libérer efficacement l’énergie de la batterie est devenue primordiale.
Le constat accablant de Wolff est tombé pendant la pause déjeuner à Bahreïn. D’après son analyse des données de longs relais et des traces GPS, Red Bull a montré qu’elle pouvait déployer nettement plus d’énergie sur des tours consécutifs — pas seulement lors de simulations de qualification isolées, mais tout au long de relais soutenus au rythme de course.
« Ils sont capables de déployer bien plus d’énergie en ligne droite que tout le monde. Je parle d’une seconde au tour, sur des tours consécutifs », a révélé Wolff. Il a souligné que, si Mercedes a déjà observé par le passé des avantages similaires sur un tour, la régularité de Red Bull sur 10 tours consécutifs avec un déploiement identique en ligne droite constitue un défi d’une tout autre nature.

La révélation est d’autant plus frappante qu’elle contraste avec les attentes d’avant-saison. Le premier groupe propulseur développé en interne par Red Bull était largement considéré comme la principale fragilité de l’équipe pour cette saison. Laurent Mekies, l’un des dirigeants de l’écurie, avait prévenu que les premiers mois seraient faits de « nuits blanches » et de corrections importantes.
Pourtant, le moteur de l’équipe de Milton Keynes n’a pas seulement fait preuve de fiabilité : il a affiché une supériorité en performance. Max Verstappen a bouclé 136 tours mercredi, en tête du speed trap, tout en conservant l’avantage de rythme que Wolff reconnaît désormais.
La franchise de Wolff pèse bien au-delà d’une simple posture tactique. L’Autrichien a concédé que ses propos pourraient être interprétés comme de la gestion d’attentes — une pratique classique chez les directeurs d’équipe — mais que les éléments observés ne laissaient aucune place au doute.
« Pour l’instant, je dirais qu’ils ont placé la référence », a déclaré Wolff, ajoutant que la combinaison de la voiture Red Bull, du groupe propulseur et « évidemment Max au volant » constitue une proposition redoutable.
Cet écart de déploiement d’énergie représente un défi d’ingénierie de fond, qui ne se résoudra pas par de simples ajustements de réglages. Mercedes se retrouve face à la perspective de devoir engager un développement conséquent de son groupe propulseur pour combler le retard, ce qui, en quelques heures de roulage sérieux, rebat déjà les cartes du championnat 2026.

Il est ingénieur logiciel et passionné de Formule 1 et de sport automobile. Il a cofondé Formula Live Pulse afin de rendre les données télémétriques en direct et les informations sur les courses accessibles, visuelles et faciles à suivre.