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Isack Hadjar n'a pas mâché ses mots après s'être qualifié septième pour le Grand Prix du Canada. Le rookie de chez Red Bull a ouvertement critiqué sa propre performance, admettant être « très contrarié » par la manière dont il a géré les moments décisifs des qualifications lors des dernières manches.
Hadjar a terminé la Q3 à seulement 28 millisecondes derrière son coéquipier Max Verstappen, qui s'élancera sixième sur la grille de Montréal — un écart qui, sur le papier, semble gérable. Mais le Français de 21 ans n'était pas d'humeur à se consoler avec les chiffres.
« Je suis très contrarié. Depuis Miami, en Q3, je ne suis pas au niveau. Je fais des erreurs, je ne suis pas assez tranchant lors des derniers tours de Q3 et j'en fais trop », a déclaré Hadjar à Sky Sports F1 après la séance.
« Il y a du temps au tour qui s'envole, et c'est dommage car nous avions une voiture très brillante et je devrais être devant, donc je suis très déçu. »
Le sentiment de frustration ne vient pas d'un manque de rythme, mais de la conviction qu'il laisse constamment du temps sur la piste au moment le plus crucial. Lorsqu'on lui a demandé directement s'il avait perdu du temps, sa réponse a été sans détour : « Oui, trop, en fait. »
Le rythme initial de Hadjar lors de la séance était pourtant prometteur. Il se mêlait à la lutte avec les pilotes Mercedes alors que son coéquipier était en difficulté, ce qui suggère que la RB22 était capable de mieux que ce que sa position finale sur la grille laisse paraître.
Lorsqu'on lui a demandé d'évaluer les causes profondes de sa baisse de forme actuelle, Hadjar a identifié plusieurs problèmes entremêlés plutôt qu'un seul coupable.
« C'est une combinaison de choses : notre voiture n'est pas la plus facile à piloter, elle est sur le fil du rasoir, et puis, nous avons disputé deux courses en huit semaines, donc c'est difficile de rester affûté. C'est aussi le fait de trop en vouloir », a-t-il expliqué.
Ce dernier point est révélateur. Hadjar a décrit une bataille mentale à l'intérieur du cockpit — une tendance à trop réfléchir et à trop contrôler précisément dans les moments qui exigent de l'instinct et de la liberté. « C'est aussi le fait de se déconnecter un peu plus et de ne pas réfléchir, et c'est quelque chose dans lequel je ne suis pas très bon. J'aime réfléchir et être en contrôle, mais [samedi], cela n'a pas du tout aidé. »
C'est un aveu inhabituellement franc de la part d'un pilote si tôt dans sa carrière en Formule 1, et qui témoigne des marges psychologiques infimes qui séparent les bons tours de qualification des grands, au plus haut niveau. Cette conscience de soi sera cruciale pour son développement — et il convient de noter que, même lors du week-end Sprint, Hadjar avait trouvé des motifs d'encouragement en réduisant l'écart avec Verstappen, un signe que le rythme est là quand les pièces du puzzle s'assemblent.
Pour l'instant, cependant, celui qui a déjà connu le podium aborde le Grand Prix du Canada avec une mission inachevée — et une compréhension très claire des domaines où il doit progresser.

Il est ingénieur logiciel et passionné de Formule 1 et de sport automobile. Il a cofondé Formula Live Pulse afin de rendre les données télémétriques en direct et les informations sur les courses accessibles, visuelles et faciles à suivre.
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