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Le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, a soumis une proposition visant à abroger l'article des statuts de l'instance dirigeante qui limite le nombre de mandats qu'un président peut exercer — une mesure qui, en pratique, lui permettrait de continuer à se présenter aux élections indéfiniment.
Actuellement, l'article 20.10 des statuts de la FIA stipule que « le Président de la FIA ne peut exercer plus de trois mandats, consécutifs ou non, soit une durée maximale de 12 ans ». Ben Sulayem, qui effectue actuellement son deuxième mandat après avoir été seul candidat lors de l'élection de l'année dernière, est directement soumis à cette restriction. La proposition visant à la supprimer a été rapportée pour la première fois par BBC Sport, puis confirmée par Motorsport.
Si l'amendement est adopté, la durée de tout futur mandat présidentiel à la FIA serait laissée à la discrétion du titulaire du poste, sans aucun plafond statutaire.
Sollicité pour un commentaire, un porte-parole de l'instance dirigeante a cherché à présenter cette proposition comme une question de cohérence institutionnelle plutôt que comme une ambition personnelle.
« Une proposition a été avancée pour établir une approche cohérente de la durée des mandats au sein de tous les organes de la FIA, similaire à ce qui existe actuellement pour les Conseils mondiaux et le Sénat », indique le communiqué. « La proposition est soumise à l'approbation des Conseils mondiaux et de l'Assemblée générale. Les organes de la FIA conservent toute autorité pour élire démocratiquement leurs représentants. »
Les modifications statutaires proposées — y compris la suppression de la limite des mandats présidentiels — seront soumises au vote lors de la prochaine Assemblée générale.
Le contexte entourant la présidence prolongée de Ben Sulayem est loin d'être simple. Lors des élections de l'année dernière, l'Émirati était le seul candidat éligible en lice. Trois challengers — l'ancien commissaire de la FIA Tim Mayer, la pilote Laura Villars et la journaliste Virginie Philippot — n'ont pas rempli les conditions d'éligibilité, qui exigent qu'un candidat à la présidence nomme sept vice-présidents : deux d'Europe et un de chacune des autres régions du monde de la FIA. Fait crucial, Fabiana Ecclestone était la seule représentante disponible pour l'Amérique du Sud, et elle s'était alignée sur la campagne de Ben Sulayem, fermant ainsi une voie de nomination clé pour les candidats rivaux.
La légitimité de ce processus a depuis été contestée en justice. Villars a poursuivi la FIA devant les tribunaux concernant la procédure électorale.
L'existence de limites de mandats dans les statuts de la FIA est en soi un développement relativement récent. Les restrictions sur les mandats présidentiels ont été introduites sous le mandat de Jean Todt — une mesure corrective délibérée à la suite de la présidence de 16 ans de Max Mosley. Avant Todt, Jean-Marie Balestre avait effectué deux mandats de quatre ans avant de se retirer.
La suppression de ces limites marquerait un revirement significatif d'une réforme de gouvernance mise en place spécifiquement pour empêcher l'accumulation d'un pouvoir institutionnel incontrôlé au sommet du sport automobile mondial — une dimension qui n'échappera pas à ceux qui, au sein du sport, scrutent déjà de près la direction de Ben Sulayem. Il convient de noter qu'en parallèle de ces discussions sur la gouvernance interne, Ben Sulayem s'est également exprimé sur l'avenir technique du sport — soutenant tout récemment un retour aux moteurs V8 aux côtés du PDG de la Formule 1, Stefano Domenicali, signalant une approche de plus en plus active et expansive de son rôle à la tête de la FIA.

Il est ingénieur logiciel et passionné de Formule 1 et de sport automobile. Il a cofondé Formula Live Pulse afin de rendre les données télémétriques en direct et les informations sur les courses accessibles, visuelles et faciles à suivre.
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