L'Inde relance son projet de retour en F1 avec un nouveau groupe de travail

Le 15 septembre 2026, le ministre indien des Sports, Mansukh Mandaviya, a annoncé la création d'un groupe de travail de dix membres chargé d'évaluer la faisabilité d'un retour de la Formule 1 dans le pays. Le comité, présidé par Yugal Kishore Joshi, directeur de programme et conseiller à la NITI Aayog, a une mission claire : élaborer une feuille de route coordonnée pour le retour du sport « afin de pouvoir accueillir une course en 2028 ».
La NITI Aayog, le think tank de référence en matière de politiques publiques en Inde, pilotera cette initiative. Aux côtés de Kunal, secrétaire adjoint du département des Sports, et du président de la Fédération des clubs de sport automobile de l'Inde, le panel réunit des représentants des départements du Tourisme et du Commerce, des gouvernements de l'Uttar Pradesh et du Maharashtra, et — fait le plus révélateur — des responsables du Conseil central des taxes indirectes et des douanes (CBIC) et du Conseil central des impôts directs (CBDT).
Ce sont précisément ces deux organismes dont les décisions des prédécesseurs ont mis fin à la dernière aventure indienne du sport. L'Inde avait déjà exprimé son souhait de revoir la F1, mais ce qui change cette fois-ci, c'est qui a été placé autour de la table pour empêcher que la même erreur ne se reproduise.

Ce qui a mis fin au dernier Grand Prix d'Inde
Le Grand Prix d'Inde s'est disputé pendant trois éditions au circuit international Buddh, à Greater Noida, de 2011 à 2013, Sebastian Vettel remportant les trois victoires au volant de sa Red Bull. Le circuit lui-même, construit par Jaypee Sports International pour un coût estimé à 2 000 crores de roupies et homologué FIA Grade 1, n'a jamais été le problème. C'est la structure commerciale qui l'entourait qui l'a été.
Jaypee avait signé un contrat de promotion de course de 40 millions de dollars avec Formula One World Championship Ltd, ainsi qu'un accord de licence distinct sur l'exploitation de la marque F1. Selon le droit fiscal indien, cet arrangement créait un « établissement stable » pour FOWC, déclenchant une retenue à la source de 40 % sur les revenus de course de l'entreprise britannique. Par ailleurs, le ministère des Sports a refusé la demande de Jaypee d'une exonération de droits de douane sur les équipements de course importés — moteurs, pneumatiques, pièces automobiles démontées — estimant que la F1 ne relevait pas de « sport pur » mais devait être traitée comme une activité de divertissement et de nature commerciale.
Un fait structurel échappe toutefois à l'influence du nouveau groupe de travail : la taxe sur le divertissement qui avait brisé la course de 2013 n'existe plus sous sa forme ancienne, ayant été intégrée à la taxe sur les biens et services (GST) depuis le 1er juillet 2017. Les États ne peuvent plus appliquer de taxe sur le divertissement de manière autonome. Des questions demeurent néanmoins sans réponse sur la manière dont les revenus d'accueil issus du Royaume-Uni seraient taxés et sur le traitement des droits de douane sur les équipements importés — deux dossiers brûlants pour les représentants du CBIC et du CBDT désormais assis à la table.

Un nouveau propriétaire et un bilan financier plus solide
La propriété du BIC a changé depuis 2013. Avec le groupe Jaiprakash Associates en difficulté financière, le groupe Adani est sorti vainqueur des enchères dans le cadre d'une transaction évaluée à environ 14 535 crores de roupies. Karan Adani, qui évoque une passion personnelle pour le sport remontant à l'ère Michael Schumacher, a déclaré être « personnellement engagé pour ramener la Formule 1 en Inde ». La portée pratique est avant tout financière : les droits d'accueil actuels sont estimés à environ 50 millions de dollars par saison, un montant que Jaypee peinait à soutenir, et le bilan financier d'Adani est jugé bien mieux positionné pour absorber ce coût.
Le BIC n'est pas resté inactif, ayant accueilli MotoGP Bharat en 2023 comme preuve de concept. Cette dynamique s'est toutefois révélée inégale, avec l'annulation de la manche 2024 et le report de l'édition 2025 à 2026.
S'appuyer sur le nombre de fans — et affronter un problème de calendrier
L'argument sous-jacent du gouvernement est que le marché indien a dépassé celui que la F1 a quitté en 2013. Une étude de 2025 menée par la F1 et le Motorsport Network estimait la base de fans indienne à 78,8 millions, contre environ 60 millions en 2024. FanCode, le partenaire exclusif de diffusion de la F1 en Inde, a prolongé ses droits jusqu'en 2028 et doublé sa base d'utilisateurs sur l'ensemble de sa plateforme. La direction de la F1 elle-même reste toutefois plus prudente, son patron Stefano Domenicali se contentant de dire que le sport serait là « un jour et dans les bonnes conditions ».

Alors que le sport s'approche de son plafond pratique avec une saison de 24 courses, l'ajout d'une manche indienne nécessiterait vraisemblablement une expansion du calendrier ou le déplacement d'un autre circuit — une négociation commerciale qui échappe au contrôle de l'Inde. L'objectif 2027 fixé par Mandaviya avait déjà glissé à 2028 en septembre, sur fond de deux tentatives de retour avortées en 2015 et 2016.
Tout cela ne garantit pas un Grand Prix en 2028, mais cette fois, le mécanisme précis qui a tué la course est abordé directement plutôt que simplement évincé. Avec le groupe de travail placé sous l'égide de la NITI Aayog et intégré à la campagne gouvernementale plus large « Play in India » (Jouer en Inde), le poids institutionnel derrière cette tentative est véritablement nouveau. Qu'il se traduise par une course dépendra moins des courbes du nombre de fans que de la capacité des représentants du CBIC et du CBDT dans cette salle à parvenir à une conclusion différente de celle de leurs prédécesseurs.
Découvrez également les dernières actualités autour du calendrier de la saison : le calendrier F1 2027 de 24 courses avec dix week-ends sprint et les dix courses sprint au menu de la saison 2027, un format qui ne fait qu'accentuer la pression sur les organisateurs cherchant à intégrer de nouvelles manches comme l'Inde.
