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Cadillac est arrivée en Formule 1 cette saison sans se faire d'illusions sur l'ampleur du défi. L'équipe américaine s'attendait à des débuts difficiles, et les premières courses ont largement confirmé cette réalité. Mais si les points restent pour l'instant hors de portée, la physionomie de leur saison a commencé à changer.
Le pack d'évolutions introduit en Autriche, la première étape de développement significative pour Cadillac, a offert à l'écurie une plateforme plus convaincante. Sergio Perez et Valtteri Bottas sont toujours en quête d'un résultat marquant, mais les deux pilotes évoluent désormais beaucoup plus près des voitures qui les entourent qu'au début de la campagne.
La preuve la plus évidente se situe sur un tour. En Australie, Perez accusait plus de six dixièmes de retard sur Fernando Alonso en qualifications, tandis que Bottas était encore plus loin. L'écart avec la voiture non-Aston Martin la plus proche avoisinait les 1,4 seconde, soulignant à quel point Cadillac était isolée dans la hiérarchie compétitive initiale.
La donne a changé. Cadillac a depuis devancé Alonso et Lance Stroll, tant en qualifications qu'en rythme de course, les difficultés d'Aston Martin servant de point de référence évident. Plus significativement, à Silverstone, Bottas a devancé une Alpine en qualifications et a terminé la séance à seulement une demi-seconde de la Haas d'Esteban Ocon.
Pour une nouvelle équipe qui n'a pas encore atteint la Q2 ou la SQ2, cela reste une étape modeste. Mais c'est aussi une étape significative : Cadillac ne se contente plus de rouler en fond de peloton. Elle commence à se mêler à la lutte du bas de tableau à la régulière.

Les résultats en course ne disent pas encore tout. Le meilleur classement de Bottas est une 13e place en Chine, tandis que Perez a terminé 14e à deux reprises. Certaines positions ont été favorisées par des abandons devant, et l'intervention tardive de la voiture de sécurité au Grand Prix de Grande-Bretagne a artificiellement resserré le peloton.
Malgré tout, la tendance sous-jacente est claire. Perez a terminé à trois tours en Australie, à un tour en Chine, puis dans le tour du leader au Japon et à Monaco. À Silverstone, Cadillac se battait avec Haas et Williams avant que la voiture de sécurité ne vienne redistribuer les écarts.
Ce contexte est important, d'autant plus que Haas a récemment peiné en termes de rythme. Comme le montre notre article sur Ollie Bearman qualifiant le rythme de Haas à Silverstone de « douloureux », la hiérarchie du milieu de peloton évolue rapidement — et Cadillac commence à exploiter cette instabilité.
Perez a qualifié Silverstone de « probablement l'un de nos meilleurs week-ends jusqu'à présent cette saison » après avoir terminé 14e, ajoutant que Cadillac avait pris « un très bon départ » et s'était battue pour maintenir les Haas derrière.
Il a également souligné la nécessité de poursuivre le développement : « Avec un tout petit peu plus de vitesse, nous serons vraiment dans le coup avec les équipes du milieu de peloton et nous pourrons alors commencer à les défier davantage. »
Bottas a fait écho à ce point de vue, affirmant que Cadillac avait amélioré son rythme global et semblait plus proche du milieu de peloton avec les pneus durs, tout en conservant une marge sur Aston Martin.
Cadillac n'est plus l'équipe de fond de grille qu'elle semblait être en début d'année. Mais se rapprocher du milieu de peloton n'est pas la même chose que de le battre. Pour marquer des points, il faudra plus de rythme, des week-ends plus aboutis et peut-être un peu de réussite dans une seconde moitié de grille extrêmement compétitive.

Il est ingénieur logiciel et passionné de Formule 1 et de sport automobile. Il a cofondé Formula Live Pulse afin de rendre les données télémétriques en direct et les informations sur les courses accessibles, visuelles et faciles à suivre.
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