GP de Bahreïn en Malaisie : Verstappen décroche enfin la victoire

Le Grand Prix de Bahreïn 2026, disputé en Malaisie, a réuni à peu près tous les ingrédients : pluie tropicale, problèmes techniques déroutants, paris stratégiques chez Ferrari, abandon tardif d’une Mercedes et, enfin, une première victoire cette saison pour Max Verstappen.
Et il y avait aussi tout ce qui se passait en dehors de la piste. Les fans ont mis des heures à rentrer depuis Sepang, certains ont fait des malaises à cause de la chaleur et, le jour des qualifications, le circuit a réussi à manquer d’eau.
Dans l’épisode 90 d’Away We Go, Dianne me rejoint depuis Kuala Lumpur pour revenir sur la course et raconter ce que c’était vraiment que de passer trois jours à Sepang. Le week-end fait partie de ceux où l’expérience autour du Grand Prix a presque autant marqué les esprits que la course elle-même.
Max Verstappen signe sa première victoire en F1 en 2026
Il est un peu étrange de le dire à ce stade de la saison, mais Max Verstappen tient enfin sa première victoire en 2026.
Red Bull avait montré des signes de progrès lors des dernières courses, mais Sepang est le premier week-end où tout semble vraiment s’être mis en place. Max a décroché la pole et a paru à l’aise pendant la majeure partie de la course. À un moment, il a même creusé un écart d’environ dix secondes sur Kimi Antonelli, derrière lui.
Depuis les tribunes, dix secondes, c’est énorme. On voit passer Max, puis on attend, et on attend encore avant de voir arriver la voiture suivante. Cela donnait vraiment la mesure de sa domination à certains moments de la course.
Après un début de saison si difficile pour Red Bull, cette victoire ressemble à un vrai message envoyé au reste du plateau. Laurent Mekies a pris les commandes d’une équipe dirigée pendant des années par Christian Horner ; la transition n’avait rien de simple. Mais les progrès commencent à se voir.
Et dès que Max a disposé d’une voiture capable de se battre aux avant-postes, il a fait ce qu’il sait faire. Il en a tiré le meilleur.

La pluie bouleverse le Grand Prix de Malaisie
Le temps avait plutôt épargné les pilotes pendant le week-end, jusqu’à la course. La Malaisie a alors offert l’averse tropicale que l’on sait toujours possible à Sepang.
Le départ a été retardé d’environ une heure et quarante minutes. La voiture de sécurité a pris la piste pour évaluer les conditions, tandis que tout le monde attendait que la pluie se calme. À un moment, même la voiture de sécurité semblait manquer d’adhérence, ce qui a relancé la question habituelle : à quoi servent les pneus pluie de Formule 1 si les voitures ne peuvent toujours pas courir quand la piste est vraiment détrempée ?
La course a fini par s’élancer, provoquant immédiatement des choix stratégiques divergents. Certaines équipes ont chaussé des intermédiaires, tandis que d’autres ont pris le risque de rester en pneus slicks.
Mercedes a fait le bon choix. Ferrari, beaucoup moins — du moins dans un premier temps.
Le pari pneumatique de Ferrari a failli ruiner la course d’Hamilton et de Leclerc
Voir Lewis Hamilton et Charles Leclerc tenter de survivre en pneus slicks tandis que les voitures chaussées d’intermédiaires les dépassaient n’avait rien de réjouissant pour les fans de Ferrari.
Charles a dégringolé au classement, Lewis s’est retrouvé vers l’arrière et l’on a cru que Ferrari avait gâché la course de ses deux pilotes avant même qu’elle ait vraiment commencé.
L’équipe a ensuite séparé les stratégies. Charles est rentré chausser des intermédiaires, tandis que Lewis a dû choisir entre s’arrêter ou rester en piste en espérant une amélioration des conditions. Il a décidé de rester et a réussi, d’une manière ou d’une autre, à faire durer ses pneus tendres pendant 33 tours.
À mesure que la piste séchait, ce choix a commencé à sembler bien plus judicieux. Lewis a progressivement remonté le peloton, et son duel avec Isack Hadjar a compté parmi les moments les plus divertissants de la course. Dans les derniers tours, ce qui ressemblait à un après-midi désastreux s’était transformé en véritable bataille pour le podium.
Lewis a finalement terminé troisième, juste devant Charles, quatrième. Il est encore difficile de comprendre comment Ferrari est passée d’une course où ses deux voitures reculaient en début d’épreuve à des troisième et quatrième places à Sepang, mais les pilotes méritent beaucoup de crédit pour cette remontée.
Pourquoi les F1 de 2026 ont-elles dû être redémarrées ?
L’un des moments les plus étranges s’est produit avant même que la course ait vraiment trouvé son rythme.
Derrière la voiture de sécurité, plusieurs pilotes ont soudain signalé des problèmes de puissance. Max a ralenti, Lewis aussi, et d’autres voitures semblaient rencontrer des difficultés similaires. Ferrari a alors demandé à Lewis d’arrêter sa voiture et de la redémarrer.
Oui, de la redémarrer.
Les problèmes semblaient liés aux nouvelles unités de puissance de 2026, à la très faible vitesse derrière la voiture de sécurité et au fonctionnement des systèmes électriques dans ces conditions. Certaines voitures se sont retrouvées en mode puissance réduite et ont dû être réinitialisées.
Il existe bien sûr une explication beaucoup plus technique, qui fait intervenir le MGU-K, le déploiement de l’énergie électrique et le moteur thermique. Mais, pour faire simple, les voitures semblaient ne plus savoir quoi faire.
J’ai trouvé cela fascinant, car cet épisode a ajouté une couche supplémentaire au chaos ambiant. Je comprends aussi que certains fans se demandent si cette génération de F1 n’est pas devenue trop complexe. Voir l’une des voitures de course les plus sophistiquées au monde devoir, en gros, être éteinte puis rallumée, c’est assurément un problème très « 2026 ».
L’abandon de George Russell bouleverse le classement du championnat

Mercedes avait le rythme pour signer un très bon résultat en Malaisie. Kimi Antonelli a finalement terminé deuxième, mais la course de George Russell s’est achevée sur un nouvel abandon frustrant.
Plus tôt dans la course, Kimi a pris la radio pour dire qu’il était plus rapide que George. Ma réaction a été assez simple : si tu es plus rapide, dépasse-le.
Mercedes les a largement laissés se battre et Kimi a fini par dépasser George en piste, ce qui semblait être la bonne décision. Malheureusement pour George, son unité de puissance a lâché à moins de dix tours de l’arrivée.
Vu les problèmes de fiabilité auxquels il a déjà été confronté cette saison, difficile de ne pas compatir. Il semblait complètement abattu après la course, et cet abandon pourrait peser lourd dans le championnat.
Kimi compte désormais 320 points, contre 236 pour George. Lewis Hamilton est troisième avec 214 points, Charles Leclerc en a 191, tandis que Lando Norris et Max Verstappen en totalisent chacun 188.
Il reste encore sept courses, donc beaucoup de choses peuvent se passer mathématiquement. Mais, dans les faits, le titre ressemble de plus en plus à celui de Kimi à perdre.
Cela dit, Red Bull vient de gagner une course et Max Verstappen reste Max Verstappen. Il n’est jamais très raisonnable de l’écarter complètement.
À quoi ressemble un Grand Prix de F1 à Sepang ?
Du point de vue de la course, Sepang était formidable.
C’est le genre de circuit où l’on peut vraiment voir les voitures se battre. Les longues lignes droites, les vraies possibilités de dépassement et les tribunes offrant une vue sur plusieurs portions de la piste y sont pour beaucoup. Les fans malaisiens étaient aussi fantastiques, et l’ambiance tout au long du week-end était excellente.
Ce séjour a également rappelé à Dianne ce que la Formule 1 perd lorsque des circuits comme Sepang disparaissent du calendrier. La possibilité que la Malaisie accueille à nouveau la F1 à l’avenir a déjà été évoquée, et, rien que pour la qualité des courses, nous aimerions beaucoup que cela se concrétise.
Malheureusement, les trajets pour aller au circuit et en repartir racontaient une tout autre histoire.
Cinq heures pour rentrer de Sepang
Sur le papier, le trajet semblait assez simple : prendre le train rapide de Kuala Lumpur en direction de l’aéroport, puis une navette jusqu’au circuit.
En pratique, c’était le chaos.
Le vendredi, il semblait y avoir très peu de panneaux utiles ou d’organisation autour des navettes. À un moment, Dianne est montée dans ce qu’on lui avait présenté comme un bus pour l’aéroport. Celui-ci a fait le tour extérieur du circuit pendant près d’une heure avant de revenir presque à son point de départ.
Une fois enfin arrivée à l’aéroport, elle s’est retrouvée devant une file interminable pour le train express. Des milliers de personnes essayaient de partir en même temps, mais les trains ne passaient qu’environ toutes les vingt minutes.
Le samedi, Dianne a décidé d’éviter complètement ce système et de prendre un taxi pour se rapprocher du circuit. Malheureusement, ce n’était guère mieux. Après les qualifications, il leur a fallu environ cinq heures pour rejoindre leur hôtel.
Et, d’après ce que Dianne avait entendu, ils faisaient partie des plus chanceux.
Le dimanche, les choses semblaient mieux organisées. Les files d’attente étaient plus clairement délimitées et des barrières avaient été installées, mais les fans devaient encore patienter longtemps sous la chaleur et l’humidité malaisiennes. Certaines personnes faisaient des malaises.
Ce qui rendait encore plus difficile à comprendre ce qui s’était passé avec l’eau.
Comment un circuit de F1 en Malaisie peut-il manquer d’eau ?
Les fans avaient été prévenus qu’ils ne pouvaient pas apporter de nourriture ni d’eau dans l’enceinte, et les sacs étaient contrôlés à l’entrée.
Puis, le jour des qualifications, le circuit s’est retrouvé à court d’eau.
Avant 14 heures.
C’est déjà inacceptable où que l’on soit, mais en Malaisie, avec la chaleur et l’humidité, cela devient un véritable problème de sécurité.
À un moment, Dianne a demandé à une personne postée à l’entrée d’un espace d’hospitalité si elle avait une bouteille d’eau en trop. Elle a eu la gentillesse de lui en donner une, et Dianne l’a rationnée pour le reste de l’après-midi, sans savoir quand elle pourrait en trouver une autre.
Il y avait des familles avec des enfants, des fans plus âgés et des personnes qui avaient peut-être des problèmes de santé. De longues files d’attente pour acheter à manger, c’est agaçant. Manquer d’eau potable après avoir interdit aux gens d’apporter la leur, c’est tout autre chose.
Il y avait aussi une certaine confusion sur ce que les spectateurs avaient réellement le droit d’apporter. Certains avaient des gourdes réutilisables, d’autres des bouteilles sans marque ou dont l’étiquette avait été retirée, mais les règles ne semblaient pas avoir été communiquées très clairement.
Le dimanche, Dianne a apporté sa propre eau malgré tout. Hors de question de prendre à nouveau ce risque.
La Formule 1 devrait-elle revenir en Malaisie ?
C’est ce qui rend le week-end si frustrant, car Sepang est un circuit fantastique.
Les courses y sont bonnes, le tracé est intéressant, les fans sont enthousiastes et Kuala Lumpur est une superbe ville à visiter. La Malaisie est tout à fait le genre de pays où la Formule 1 pourrait revenir.
Mais la logistique doit s’améliorer.
Les fans qui ont voyagé depuis l’étranger et dépensé beaucoup d’argent pour les billets et l’hébergement ne devraient pas avoir à choisir entre manquer une partie du week-end et subir des heures de galère dans les transports. Ils ne devraient pas non plus avoir du mal à trouver quelque chose d’aussi élémentaire que de l’eau potable.
La bonne nouvelle, c’est que la plupart de ces problèmes semblent pouvoir être réglés. Davantage de navettes, une meilleure gestion de la circulation, des trains plus fréquents, une signalétique plus claire, plus de points de vente de nourriture et de boissons et des fontaines à eau gratuites changeraient énormément les choses.
Une fois ces aspects améliorés, Sepang pourrait facilement devenir l’un des meilleurs week-ends du calendrier de Formule 1.
Car en piste, le circuit a déjà tenu ses promesses.
Écoutez l’épisode 90 d’Away We Go
Dans l’épisode 90 d’Away We Go, nous parlons de la première victoire de Max Verstappen cette saison en F1, du pari stratégique de Ferrari, de la remontée de Lewis Hamilton, de l’avance grandissante de Kimi Antonelli au championnat et du nouvel abandon de George Russell.
Nous racontons aussi ce que signifie vraiment assister à une course à Sepang : de la pluie tropicale et de l’ambiance incroyable aux transports chaotiques, au manque d’eau et aux cinq heures de trajet pour rentrer après les qualifications.
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